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Pas de panique, vous êtes bien sur un excellent site qui traite des champignons. Si je vais tout d'abord vous parler de mon nez, c'est parce que pour vivre pleinement la passion des champignons, il en faut .... du nez. Je tenterai dans cette rubrique de vous faire part des mes expériences qui parleront toutes, à un moment ou à un autre, des sens (certains n'en comptent que cinq).
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Tout petit, j'adorais renifler tout ce qui passait à portée de mon nez. Les jupons de ma mère, les couches de ma soeur, les fumées qui sortaient des cheminées sur le chemin de l'école (qui reste pour moi LE chemin), on pouvait distinguer facilement le feu de bois et le feu de charbon, l'odeur du chien par temps sec puis par temps humide (je vous le recommande), l'odeur de la bouse de vache fraîchement déposée et puis celle plus ancienne collée sur le macadam et réchauffée par le rude soleil d'été, l'odeur de la terre, du ruisseau en hiver, des deux petits pigeons ramiers au nid dans une aubépine au mois de mai (incomparable). Et bien d'autres dont je n'aurai pas le temps de parler, et puis Jean-Baptiste Grenouille a fait ça bien mieux que moi et mon parcours olfactif est bien moins aliénant, quoique ....
Mon premier champignon je l'ai senti à l'âge d'environ cinq ans. Mon grand-père avait l'habitude de m'emmener au bois, il était garde forestier, et ce jour-là, au détour d'un gros chêne, nous avons découvert ce que je décris encore aujourd'hui comme étant un véritable trésor : des pieds de mouton (Hydnum repandum).
Quand je vis mon grand-père en porter un à son nez, je me suis bien demandé ce qu'il faisait, et par imitation, j'ai fait pareil. Je m'attendais à une forte odeur de ....mouton, ben oui, logique. Et bien, pas du tout, une douce odeur vint me flatter les narines, une odeur jamais rencontrée auparavant et que je n'associe qu'à ce champignon seul. Cette empreinte est restée gravée dans ma mémoire, ainsi que toutes les autres et à chaque fois que je les rencontre, même après plus de 40 années, c'est un plaisir immense et des souvenirs en pagaille qui remontent à la surface, mais il est vrai qu'ils ne sont jamais enfouis bien loin.
Je suis certain que comme moi vous avez été marqués par des tas d'odeurs qui ne demandent qu'à vous refaire vivre un peu du temps passé. Cherchez-les, identifiez-les et, comme moi, quand vous repenserez à elles, vous replongerez dans votre histoire et revivrez les moments passés, les amours qu'on croyait éteints, bref tout ce qui vous fait vous et rien que vous.
La "culture" de votre odorat vous amènera quelques récompenses. Outre, le simple plaisir de renifler une odeur, il se peut qu'à force d'entaînement, il vous conduise aux champignons que vous convoitez. Ainsi, il est impossible pour moi de traverser une prairie vers la fin avril et de ne pas sentir les frais mousserons qui poussent dans .... la mousse (bien évidement) et qui laissent planer dans l'air une délicieuse odeur de farine fraîche. Avec un peu d'expérience, vous tomberez dessus à coup sûr.
Travaillez donc aussi avec votre nez, éduquez-le, chouchoutez-le, aimez-le. Mais tout le monde sait qu'on n'est pas qu'un nez, vous êtes aussi des yeux, une peau, des papilles, l'intuition, la déduction et même tout ça ensemble. On en reparlera dans un proche avenir, voulez-vous?
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